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Le contrat d’édition, un contrat de mariage

Vous avez envoyé votre livre à plusieurs maisons d’édition dans l’espoir que l’une d’elles tombe sous le charme de votre histoire et de votre style. Et voilà qu’enfin, après des semaines, voire des mois d’attente, il y en a une qui s’intéresse à vous et vous propose de signer un contrat d’édition. HOURRA!!! Votre cerveau explose ! Vous pleurez de joie et sautillez partout en poussant des cris de victoire, pour ensuite vous précipiter sur le contrat afin de le lire (en diagonale) et de le signer au plus vite parce que « l’opportunité-est-trop-belle-et-on-ne-sait-jamais-qu’ils-changent-d’avis ». ERREUR !!! Grossière erreur même, car oui, signer un contrat d’édition, c’est un peu comme signer un contrat de mariage. Il s’agit d’un engagement à long terme, qu’il est possible de briser bien sûr, mais parfois pas si facilement. Il vaut donc mieux y réfléchir à tête reposée et faire appel à un service d’accompagnement comme Talentbulle ou encore au service juridique d’une société de protection des auteurs (comme la SACD/SCAM pour la Belgique et la France par exemple) pour ne pas se retrouver embarqué dans des procédures juridiques pénibles et probablement coûteuses.

Le type de maison d’édition

La première chose qu’il faut faire avant de signer un contrat d’édition, c’est de comprendre à quel type de maison d’édition vous allez avoir affaire. Il en existe plusieurs et, malheureusement,  il n’est pas toujours clairement spécifié auquel la maison appartient dans le contrat. Plus gênant encore, certaines se font passer pour ce qu’elles ne sont pas. Le but n’est pas ici de pointer du doigt, mais bien de vous aider à choisir d’accepter ou non de signer avec une maison d’édition, et ce, en toute connaissance de cause.

Parmi les différents modes de fonctionnements éditoriaux, nous retrouvons essentiellement:

  • Les éditeurs à compte d’éditeur qui prennent en charge toutes les démarches et tous les coûts (illustration, correction, maquette, impression, publicité/diffusion et distribution).
  • Les éditeurs à compte d’auteur qui proposent tous les services éditoriaux moyennant paiement de la part de l’auteur (ce qui peut revenir très cher).
  • Les éditeurs à mi-chemin entre les deux qui s’occupent de la correction et de l’illustration jusqu’à un certain point et font payer l’auteur au-delà, qui se chargent de la distribution, mais peu ou pas de la diffusion.
  • L’auto-édition qui suppose que l’auteur prend tout en charge, de la réalisation aux coûts (il existe des outils en ligne qui aident à y parvenir, notamment sur Amazon).
  • D’autres modèles comme le Crowdpublishing (édition participative) qui devraient surgir dans les prochaines années en Europe et qui sont déjà en train de faire leurs preuves outre-mer.

Chaque système possède ses points forts et ses points faibles, bien entendu, et il vous faudra prendre tout en compte pour être certain de ne pas vous sentir lésé à un moment ou à un autre du processus d’édition de votre livre.

Parmi les éléments qui caractérisent les éditeurs, il faut compter :

  • Le temps de travail passé sur l’édition du livre par l’auteur après que l’écriture a été bouclée.
  • L’argent dépensé par l’auteur avant même la parution du livre.
  • La qualité de la publicité et de la diffusion menant à la visibilité de l’œuvre (le public cible est-il atteint?)
  • La qualité de l’œuvre finie (écrits sans fautes, format lisible, qualité du papier et de la reliure, illustration attrayante…)
  • Le pourcentage de droits d’auteur perçu (plus ou moins fixe dans le cas d’éditeurs à compte d’éditeur, mais pas du tout pour les autres ; attention d’ailleurs à tous les « frais cachés » !)
  • La qualité de la relation entretenue avec l’éditeur.
  • La flexibilité de l’éditeur (plus l’éditeur se décharge des coûts et des responsabilités, plus il aura tendance à accepter facilement tous types de manuscrits, même s’ils ne sont pas aboutis).

Je pourrais parler du sujet de cette section pendant des heures et des heures. En fonction du résultat désiré par l’auteur, que ce soit être lu par un maximum de lecteurs ou avoir simplement la possibilité de présenter à des clients un livre qui entre dans le cadre d’une activité professionnelle précise, le choix NE DOIT SURTOUT PAS être le même. Vous l’aurez compris, il ne s’agit donc pas de dénigrer un système en le comparant à un autre, mais de vous pousser à choisir la méthode éditoriale qui correspond à vos besoins.

Les clauses

Pour toutes les raisons citées ci-dessus, mais aussi pour celles que nous allons voir maintenant, il est capital de lire attentivement toutes les clauses et de les comprendre. Absolument aucun point d’ombre ne doit subsister car il s’agit à la fois d’une protection pour vous, mais aussi pour l’éditeur. En effet, qui dit contrat, dit plusieurs parties (généralement deux) ayant chacune des droits, mais aussi des devoirs. Il convient donc de vous assurer que, non seulement, vos droits seront bien assurés, mais aussi que vous serez en mesure de respecter vos devoirs.

Certaines des clauses auxquelles vous devez prêter une attention particulière sont, entre autres (il ne s’agit pas d’être exhaustif ici), la cession des droits en général et le droit de préférence. La cession de droits pour les adaptations audiovisuelles de vos œuvres écrites, par exemple, doit impérativement faire l’objet d’un contrat distinct. Il vous appartient même de refuser de les céder à votre maison d’édition. Le droit de préférence, quant à lui, n’est pas à prendre à la légère puisqu’il vous oblige à présenter à votre éditeur toutes vos œuvres futures de même genre littéraire, mais avec une limite dans la durée. Cela peut donc vous empêcher de travailler avec d’autres éditeurs pendant un certain nombre d’années si vous écrivez d’autres livres dans la même veine que celui qui se trouve déjà sous contrat d’édition. Cette clause est légale, mais pas obligatoire ! Ce qui signifie que vous pouvez demander à ce qu’elle soit retirée du contrat.

Attention au piège : diffusion / distribution

Voilà deux notions dont vous entendrez régulièrement parler dans ce secteur et il est très important de ne pas les confondre car toutes deux sont indispensables au succès d’un livre!

La distribution, comme le souligne le Syndicat national de l’édition en France, « prend en charge la plus grande partie des tâches liées à la circulation physique du livre (stockage des livres – l’éditeur en restant le propriétaire – réception des commandes, préparation et expédition des commandes vers les différents points de vente, réception, tri, réintégration ou mise au pilon des retours) et à la gestion des flux financiers afférents »[i] . En très simplifié, la distribution, c’est le référencement de votre œuvre et sa disponibilité sur les différentes plateformes d’achat en ligne et dans les librairies.

Elle devrait être indissociable de la diffusion qui, de son côté, garantit la visibilité de votre œuvre, lui permet de sortir du lot et de se démarquer des milliers de nouveaux livres qui sortent chaque année. Tout comme on diffuse de l’information, on diffuse un livre par toute une série de procédés  de sorte qu’il fasse parler de lui, touche votre lectorat, l’attire et le pousse à acheter. Il ne s’agit donc pas seulement de se voir offrir la possibilité de venir participer à un événement littéraire pour dédicacer vos exemplaires à des lecteurs qui n’ont jamais entendu parler de vous et qui, par conséquent, ne vont que rarement s’intéresser à votre travail. L’éditeur doit communiquer au sujet de vos écrits et mettre tous les moyens qu’il a à sa disposition pour faire parler un maximum de lui si l’objectif être d’être lu par un maximum de lecteurs. C’est bien de cette façon qu’il fera accroître et perdurer les ventes.

En conclusion, lorsqu’un éditeur vous promet que vous apparaitrez sur les plateformes comme Amazon et Fnac (pour ne citer que les plus gros), il conviendra donc de vérifier s’il fera également votre publicité. Vous pourrez le déterminer en lisant entre les lignes de votre contrat ou encore en entrant en contact avec d’autres auteurs publiés chez le même éditeur.

Je développerai certainement d’autres points dans de prochains articles. En attendant, si vous avez des questions plus précises concernant les clauses d’un contrat d’édition, n’hésitez pas à me contacter en m’envoyant un e-mail à jessica.cperez@talentbulle.com.

 mariage - anneaux

[i] Syndicat national de l’édition, Distribution (2014) http://www.sne.fr/etre_editeur/distribution/

Comments (2)

  1. Article vraiment très intéressant! On ne se méfie jamais assez, en effet! Et mieux vaut savoir à quoi l’on s’engage… Merci pour ces précisions. J’espère être un jour amenée à faire appel à vos services pour éplucher un contrat d’édition!!! 🙂 Je m’abonne à la newsletter.
    Ps: je suis arrivée sur votre site, suite à la publication de l’article d’Olivia Billington…

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. Je suis très contente que ça vous ait semblé utile. N’hésitez pas à me contacter en cas de besoin pour un contrat ou autre. À bientôt!

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